Mercredi 15 avril 2009
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16:48
Mes
deux ans d'Algérie
Après avoir vu quelques blogs, moi aussi j'ai eu envie de présenter les
quelques photos qui me restent et de fil en aiguille les souvenirs me sont remontés !
Puis je les ai mis en chapitres (voir détails ci-contre) : si quelqu' un se reconnait qu'il ajoute ses commentaires ...
Et puis il y a les enfants et petits enfants qui ne connaissent peut-être pas tellement cette histoire qui remonte à la nuit des temps , il y a 50 ans !!!
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Depuis
la création de ce blog, un habitant de Ben S' Rour a réagi , vous pouvez y accéder avec le lien suivant :
où avec le lien " pages " où en fin de blog.
et écoutez .... la voix de SOUAD MASSI avec sa chanson RAOUI -
illustrée avec les photos du blog -
(pour plein écran cliquez sur le petit rectangle blanc)
Par aecobois
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Publié dans : Algérie
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Mardi 7 avril 2009
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20:57
Par aecobois
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Publié dans : Meucon
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Lundi 6 avril 2009
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13:07
Marseille
Nous descendons à la gare St Charles ; des camions nous emmènent à la caserne où nous
passons la nuit en attendant l'embarquement.
Le lendemain nous sommes au port
où nous attends le " Ville d'Alger "
Le 22 septembre, de bonne heure, nous embarquons sur le "Ville d'Alger ". C'est mon premier voyage en bateau. Pendant une ou deux journées, j'ai tout loisir de voir si j'ai le pied marin.
Comme la mer est d'huile, aucun problème !
Au matin du 24, nous voyons la côte s'approcher. Avec une certaine appréhension, nous entrons dans le port d'Alger la Blanche. C'est notre premier pas sur la terre d'Algérie, nous y
entrons pour 24 mois !
EMBARQUEMENT DE TROUPE A BORD DU PAQUEBOT :
VILLE D'ALGER
Les Aurevoirs .. .
Le Port d'Alger
Sa Cathédrale : N.D.d'Afrique
Nous sommes aussitôt débarqués, emmenés dans une caserne; visite médicale, piqûre ( vaccin du typhus ).
Nous y passons une nuit et y apprenons que nous sommes affectés au
584 ème bataillon du train basé au "Bordj de l'Agah "! Quant à savoir où c'est, personne n'en sait rien.
Heureusement j'aurai l'occasion de revenir à Alger pour mieux découvrir cette ville.
Les Gorges de Palestro
Le 25 au matin, on nous attribue 2 fusils. Nous prenons le train pour Bouira dans de vieux wagons en bois : en
passant les gorges de Palestro, une draisine armée d'un canon nous précède et nous traversons des ponts à 5km/h., vue leur état nous voyons bien qu'ils sont plastiqués régulièrement ! Je pense
alors à mon frère qui deux ans plus tôt, rappelé, avait connu une embuscade dans ce secteur et avait relevé plusieurs morts et blessés de son groupe ! ! !
Ca ne présage rien de bon pour le moral et pour notre destination.
Nous sommes une vingtaine de bleus affublés de n
otre casque, de nos deux fusils, de notre sac marin, bien empêtrés avec tout cela. De plus nous avons un malade qui réagit fort mal au vaccin typhus ; il restera hospitalisé
8 jours à Bouira pour nous rejoindre ensuite. Un convoi de camions nous attend : nous embarquons dans les GMC direction plein sud, via Aumale.
Voila le paysage qui se présente à nous. Nous apprendrons plus tard que c'est celui des hauts plateaux.
Et soudain apparaît un dromadaire au sommet d'une
colline !
Là le dépaysement est complet

Et voici notre première oasis :
BOU SAADA
" cité du Bonheur "
Nous sommes à 250 km. d'Alger.
Nous quittons la route et prenons les pistes. Nous approchons, mais il nous reste plus de 3 h. de piste.
Le Poste de BEN S'ROUR dominé par le massif du Messaad,et au fond le " col des voleurs"
Quelques kilomètres avant Ben s'Rour, le convoi s'arrête et la section qui nous
accompagne prend position au col des voleurs pour nous permettre de passer sous protection . A Ben s'Rour, on nous fête, nous sommes la relève attendue par les quillards; dans 2 jours nous y
reviendrons pour y passer 2 ans . Mais pour aujourd'hui, nous continuons la piste: il y en a encore pour 2 H. de GMC.
Le lendemain, nous recevons notre équipement et plus spécialement le béret et l'insigne du 584 :
la gerboise et la roue
et nous sommes une dizaine
affectés à la 1 ère Compagnie cantonnée à BEN S'ROUR
Mais qu'est-ce qui nous apparait soudain ? un dromadaire ! Là, nous sommes vraiment dépaysés ! Un autre monde s'offre à nous. Nous verrons vite que c'est le domaine des nomades, des moutons
et des chèvres, des ânes et des dromadaires.
Par aecobois
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Publié dans : Destination Inconnue
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Dimanche 5 avril 2009
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18:36
Le village de Ben S'Rour d'une 50aine de mechtas, vu de la piste d'aviation
BEN S'ROUR avec sa gendarmerie toute neuve et moderne
qui tranche nettement avec tous les autres batiments faits de torchis ou de pierres,
la Mairie au milieu ( avec son dôme )
et à droite le camp autour de l'école.

Plan du village
du haut du mirador, vue sur la Mairie (avec son dôme) et la
gendarmerie
( photo B. Verger )
Entre la gendarmerie (trois gendarmes y habitent avec leur famille ) et notre
campement, la Mairie avec son dôme. Le maire sert de liaison entre la population, la gendarmerie et l'armée. Son rôle est bien délicat en temps de guerre. Comme la population est très infiltrée
par le FLN et que l'armée française est très présente, le maire se trouve en grand danger, lui et sa famille.
Il y a aussi un garde-champêtre ( adjoint au maire), un ancien combattant de 39/45 qui finira tragiquement d'une balle dans la tête, lors d'une embuscade sur des camions de la harka; on n'a
jamais su de quel camp est venu la balle !
Et voici l'école. Nous en apercevons la cour et les
appartements pour 2 instituteurs , appartements que l'armée requisitionne pour ses officiers et le PC ( transmissions et bureau ). Les 2 classes restent ouvertes pour les enfants du village .
5 ou 6 mechtas complètent le campement. L'armée a entouré le tout de murets et de barbelés ainsi que d'un haut mirador pour la garde .
Près de la route de Bou-Saada, à l'entrée du village, la SAS (Section Administrative Spécialisée
). En 1960, 700 SAS quadrillent entièrement le territoire algérien dans le but de construire des
infrastructures, de soigner la population, de scolariser les enfants et de rétablir l'ordre. Cela fait partie de la " pacification ".
A BenS'rour en 1958 la SAS existe déjà, elle est commandée par un sous-lieutenant médecin( un appelé ), une vingtaine de harkis la garde, l'instituteur y
loge aussi . Le médecin y tient une permanence et soigne la population qui vient le rencontrer. Il m'a invité à assister à ses rencontres avec la population :
je peux témoigner ainsi de l'importance de son rôle.
La principale ressource restait les troupeaux de moutons et de chèvres pour le lait, la viande et la laine
qu'ils filaient. Les poules et les poulets étaient recherchés.
Pour le transport : un âne ou un dromadaire. Le maire possédait aussi un cheval. Il nous est arrivé de trouver des attelages du genre un mulet attelé avec un dromadaire pour tirer
une charrue en bois le plus souvent. A la suite d'un orage, au printemps quelques ares de céréales ( blé, avoine ou orge ) étaient semés dans les bas entre les touffes
d'alpha.
Hors des villages, les gens vivent dans les " Raïmas " : tentes en poil de
chameaux ou de chèvres, entourés de palissades de branchages et herbes sèches pour se protéger des animaux. Grands-parents, parents et enfants nombreux vivent ensemble. Ce sont des nomades qui
suivent leurs troupeaux en fonction des herbages et des sources .
Dès qu'il y a une source, on rencontre une oasis, aux pieds des massifs montagneux ou au fond d'un oued. Nous y voyons des sédentaires qui ont
construit en pierres sèches des " Mechtas " avec des jardins autour et à l'ombre des palmiers des cultures de légumes ainsi que des arbres fruitiers. Souvent ils ont aussi un élevage de moutons
et partout quelques poules et des chiens, sans doute pour éloigner les hyènes et chacals; mais ces chiens savent très bien alerter leur maître de l'arrivée des trouphions ce qui avait l'art de
nous énerver .
Tous les jeudis matins, grosse animation au village : c'est le marché ! De tous les sentiers, nous voyons arriver des gens avec les
dromadaires et ânes chargés au maximum et un peu plus ! Ils se donnent rendez-vous à la place du marché.
On y vend dattes, oignons, choux, patates, orge mais aussi chameaux, moutons, poulets et encore
beaucoup de tissus, de la quincaillerie et tout ce qu'il faut pour tous les jours. Mais c'est tout autant le lieu de rencontres, d'échanges. Ce sont surtout les hommes qui sont là : on y boit
beaucoup de cafés. Quelques femmes aussi mais furtivement, elles ne s'attardent guère : elles doivent être dans les cours intérieures à papauter comme partout ... ! ! !
Par aecobois
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Publié dans : Algérie
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Samedi 4 avril 2009
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22:03
Mon ami Ahmed ou bien comment la camaraderie évite le drame .
Ce jour la, la section part en patrouille, avec nos armes évidemment chargées à balles réelles, comme cela nous arrive très souvent . Nous nous suivons en ligne et je suis le 6 ou 7ème . Soudain
Ahmed, le kabile, se met à ma hauteur et prestement retire le chargeur de mon pistolet mitrailleur et me montre qu'il était armé la culasse à l'arrière et nous nous savons bien qu'ainsi
une faible secousse peut déclencher le tir, avec 6 copains devant ça aurait pu être un drame terrible, erreur dont je ne me serais jamais remis !
Par la suite,
j'ai su que dans une autre unité un de mes bons amis a tué, un peu dans les mêmes circonstances, un de ses copains en sautant d'un camion : il ne s'en est jamais remis suite
aux dépressions successives !!!
Encore Merci Ahmed, tu m'as permis de vivre !
Par aecobois
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Publié dans : Mon Ami Ahmed
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