BEN S'ROUR

Publié le 5 Avril 2009

 

 

 

 

Le village de Ben S'Rour d'une 50aine de mechtas, vu de la piste d'aviation

(cliquer sur la photo pour l'agrandir)

 

Alg3-copie-2.jpg




BEN S'ROUR avec sa gendarmerie toute neuve et moderne qui tranche nettement avec tous les autres batiments faits de torchis ou de pierres,
la Mairie au milieu ( avec son dôme )
et à droite le camp autour de l'école.
     
plan-copie-1.jpg
        Plan du village


 

Du mirador, la Mairie la gendarmerie

 du haut du mirador, vue sur la Mairie (avec son dôme) et la gendarmerie

  ( photo B. Verger )

 

 

Entre la gendarmerie (trois gendarmes y habitent avec leur famille ) et notre campement, la Mairie avec son dôme. Le maire sert de liaison entre la population, la gendarmerie et l'armée. Son rôle est bien délicat en temps de guerre. Comme la population est très infiltrée par le FLN et que l'armée française est très présente, le maire se trouve en grand danger, lui et sa famille. ( voir en bas d'article la note 1 )
Il y a aussi un garde-champêtre ( adjoint au maire), un ancien combattant de 39/45 qui finira tragiquement d'une balle dans la tête, lors d'une embuscade sur des camions de la harka; on n'a jamais su de quel camp est venu la balle !


Alg-21.jpgEt voici l'école. Nous en apercevons la cour et les appartements pour 2 instituteurs , appartements que l'armée requisitionne pour ses officiers et le PC ( transmissions et bureau ). Les 2 classes restent ouvertes pour les enfants du village .
5 ou 6 mechtas complètent le campement. L'armée a entouré
 le tout de murets et de barbelés ainsi que d'un haut mirador pour la garde .

Près de la route de Bou-Saada, à l'entrée du village, la
SAS (Section Administrative Spécialisée ). En 1960, 700 SAS quadrillent entièrement le territoire algérien dans le but de construire des infrastructures, de soigner la population, de scolariser les enfants et de rétablir l'ordre. Cela fait partie de la " pacification ".

 A BenS'rour en 1958 la SAS existe déjà, elle est commandée par un sous-lieutenant médecin( un appelé ), une vingtaine de harkis la garde, l'instituteur y loge aussi . Le médecin y tient une permanence et soigne la population qui vient le rencontrer. Il m'a invité à assister à ses rencontres avec la population :
je peux témoigner ainsi de l'importance de son rôle
.

 


Alg-32-copie-1.jpg


La principale ressource pour les gens du pays restait les troupeaux de moutons et de chèvres pour le lait, la viande et la laine qu'ils filaient. Les poules et les poulets étaient recherchés.

 

Alg-31-copie-1.jpg



Pour le transport : un âne ou un dromadaire. Le maire possédait aussi un cheval. Il nous est arrivé de trouver des attelages du genre un mulet attelé avec un dromadaire pour tirer une charrue en bois le plus souvent. A la suite d'un orage, au printemps quelques ares de céréales ( blé, avoine ou orge ) étaient semés dans les bas entre les touffes d'alpha.

 

attelage
Habitat des nomades:

Alg-28.jpg

Alg-29.jpg

Hors des villages, les gens vivent dans les " Raïmas " : tentes en poil de chameaux ou de chèvres, entourés de palissades de branchages et herbes sèches pour se protéger des animaux. Grands-parents, parents et enfants nombreux vivent ensemble. Ce sont des nomades qui suivent leurs troupeaux en fonction des herbages et des sources .

mechta.jpg
Dès qu'il y a une source, on rencontre une oasis, aux pieds des massifs montagneux ou au fond d'un oued. Nous y voyons des sédentaires qui ont construit en pierres sèches des " Mechtas " avec des jardins autour et à l'ombre des palmiers des cultures de légumes ainsi que des arbres fruitiers. Souvent ils ont aussi un élevage de moutons et partout quelques poules et des chiens, sans doute pour éloigner les hyènes et chacals; mais ces chiens savent très bien alerter leur maître de l'arrivée des trouphions ce qui avait l'art de nous énerver .

Nous avons pu rencontrer des troupeaux de dromadaires ( 30 à 40 bêtes ) ainsi qu'un troupeau de bovins ( 10 ou 15 vaches et leurs veaux ) ce qui était très rare.

 

             .Alg-12.jpg


paysage-d--alpha.jpg






Tous les jeudis matins, grosse animation au village : c'est le marché ! De tous les sentiers, nous voyons arriver des gens avec les dromadaires et ânes chargés au maximum et un peu plus ! Ils se donnent rendez-vous à la place du marché.



On y vend dattes, oignons, choux, patates, orge mais aussi chameaux, moutons, poulets et encore beaucoup de tissus, de la quincaillerie et tout ce qu'il faut pour tous les jours. Mais c'est tout autant le lieu de rencontres, d'échanges. Ce sont surtout les hommes qui sont là : on y boit beaucoup de cafés. Quelques femmes aussi mais furtivement, elles ne s'attardent guère : elles doivent être dans les cours intérieures à papauter comme partout... ! ! !

 

 

 

 Note 1 ._ Effectivement, l'histoire s'est mal terminée pour le maire.  En 2013, j'ai appris par son fils dans un mail qu'il a rédigé ainsi : "moi je suis le fils du maire de Ben S'rour, celui-ci a été exécuté sommairement  au mois d'avril 1962 juste aprés le cessez le feu"..."Moi aprés l'enlevement de mon pére nous avons fuit Ben S'rour ma mére ,moi ma soeur et mon petit frére qui avait 04 ans et qui est actuellement Directeur d'un important lycée à El Biar Alger pour ma soeur elle à été professeur de Francais et actuellement Directrice d'un lycée à Djelfa quant à moi je suis cadre retraité du Ministére du Tourisme et ex Expert comptable dans differrents secteurs. Mon pére était ancien combattant de 1920 à 1935 décoré de la legion d'honneur d'avoir porté sur son dos son capitaine tué au camps ( au Maroc ) aprés avoir tenu téte à l'adversaire comme indiqué sur son livret militaire,puis maire et conseiller general de 1957 à  aprés le 19 mars noir (comme je  le considére) ,et nous avons été les oubliés de la France pour laquelle mon pére a payé chairement de sa vie pour la cause Francaise en laissant une veuve, moi 12 ans, ma soeur 06 ans et mon petit frére 04 ans ,sans ressources notre défunte mére a fait le ménage pour subvenir difficillement à notre éducation et dieu merci nous avons réussi ,et nous sommes trés bien installés. Nous sommes les pupilles de la nation Francaise pour laquelle les gouvernements francais qui se sont succédes ne veulent jamais reconnaitre ça et méme pas la mention de MORT POUR LA FRANCE malgré le dossier consistant  pour ce valeureu soldat puis élus ,le jour ou le FLN est venus le prendre ils lui ont fait porté son ceituron tricolore et j'étais le dérnier à le voir partir hélas".

Note 2 : voir la page : A BenS'Rour la famille BOUALAM

 

 

Rédigé par aecobois

Publié dans #Ben S'Rour

Commenter cet article

said 04/06/2015 12:12

ton père a payé pour sa trahison et c'est tout. les français ne que faire des descendants de traitres. tu devrais avoir honte plutôt.

ecobois 05/06/2015 22:29

Saïd,
Ton propos me parait bien radical !
Pour moi, je suis beaucoup plus nuancé... La vie t'apprendras sans doute encore beaucoup .
Ecobois

bennaadja miloud 28/09/2014 22:03

je suis interessé de l'etude de l'histoir e de ce village .... veuillez me contacter .... bennaadjadz@hotmail.fr