I - Au cours de ces 2 ans, des coups durs aussi

C'était la guerre, nous y avons aussi participé. 

Des copains nous en avons aussi laissés en Algérie et cela c'est impossible de l'oublier.

Djebel Baten - Opération Jumelles

Appelés en bouclage, lors des opérations jumelles, nous accrochons un groupe FLN bien accroché sur un piton. Deux des nôtres se font tuer en voulant regarder dans une cache enterrée et ils glissent dedans. La nuit tombe. Nous restons à garder la cache toute la nuit: la nuit la plus longue de tout mon temps d 'Algérie. Les fels disparaîtront au cours de la nuit. Nous récupérons les corps au matin. Il s'agit du brigadier MICHEL Gérard et du voltigeur RÉGNER Jean-Marie.

Par la suite, nous apprendrons qu'à la 2 du Bordj, eux aussi ont eu deux morts: le voltigeur Raskin Alexis et le harki Belmadani.
Funeste journée !

C'est le cœur bien lourd que nous rentrons à Ben S'Rour.
C'était le 7 mars 1959 au Djebel El Baten-Deroua


 Ces deux types d 'avions : très impressionnant  

C 'est au cours de cette opération que ces deux types d 'avions sont intervenus pour nous appuyer :
très impressionnant

 


 

Héliportage

Un autre jour pour un bouclage,il y a urgence, nous sommes héliportés ... C 'est en plein hiver, les pitons autour de nous sont enneigés. Les hélicos nous déposent presque au sommet,quelles belles cibles nous faisons sur la blancheur de la neige, nous n'en battons pas large et ne nous attardons pas. Mais plus loin, c 'est la forêt et nous n 'y sommes pas plus fiers, nous ne nous apercevons à peine les uns les autres,
c 'est dangereux et nous avons peur de nous perdre les uns les autres.... 

 

Le lieutenant qui nous accompagne ne se retrouve plus sur la carte; heureusement le piper passe juste au-dessus de nous ; le lieutenant lui demande notre position, il a la réponse de suite. Vraiment ces pilotes sont nos yeux et nos gardiens . Quel soulagement quand ils sont là.

Sauts de mines

 

Moi-même avec Pierre Berton de Vallet - 44 - devant un GMC

Ce matin 9 décembre 1959

Je suis margi et c 'est ma section qui est de protection sur les travaux de construction de la route. Nous avons une minute de retard; le camion des travaux devance notre GMC. Les deux contre- maîtres des travaux sont dans la cabine, l 'un au volant, l 'autre à ses côtés. Soudain au passage d 'un oued à 4 km du camp, grosse explosion, grosse fumée le camion civil vient de sauter sur une mine. Nous sautons du camion et nous mettons en protection . Le spectacle n 'est pas beau : Fernand,le chauffeur couvert de sang expire au bout de quelques minutes, en appelant sa mère,  son voisin Vincent, couvert d 'huile noire et bouillante, crache les dents et se tient un genou déchiqueté. Nous appelons du renfort par radio, 5 minutes après le lieutenant avec les secours est là.
Une heure plus tard, le convoi pour le Borj, composé du GMC blindé, de la jeep et de 3 autres camions démarre. Ce jour là un gendarme, l 'aumônier, un copain qui doit prendre l 'avion pour partir en perm. libérable a
ccompagnent le convoi et montent dans un GMC  en 3ème position. A 10 km du camp, ce camion saute lui aussi sur une mine . Trois de nos copains, le gendarme et deux harkis sont déchiquetés et tués sur le coup. L 'aumônier a tout le bas ventre explosé, évacué en hélico, il survivra ... Le lendemain à Bou Saada, cérémonie pour le décès des copains et du gendarme, sa femme est présente. Le lieutenant m 'a demandé d 'être porte drapeau : grosse émotion pour tout le monde .

6 morts :


BALLIN Jean-Louis, un bon copain : fils unique, comment va réagir sa mère ?
DUBOIS Didier :  notre infirmier, l 'ami de tous
GALLOU Yves s'en allait prendre l'avion pour sa perm. libérable
Di DACO : gendarme (sa femme habite la gendarmerie tout à côté )
et deux Harkis


5 blessés :


PRIGENT de DINAN Côte-d'Armor, marié et père d'un enfant, inconscient il est évacué et ne se réveille à Rennes que 15 jours plus tard. Il sera libéré en juillet 1960. Suite à ses blessures, il en traîne encore des séquelles.
OLIVIER
Carré 
Augry
et l 'Aumônier militaire

 

ACCIDENT de TIR

 


Peu de temps après, une nuit quelques coups de feu sont tirés sur la harka et la gendarmerie. Alerte ! Pierre Berton est margi à la harka, il est dans la cour avec ses hommes. Du camp, nous envoyons quelques obus de mortier qui passent au-dessus de la harka. Soudain un obus, foireux, tombe au milieu de la cour de la harka, explose. Pierre Berton se retrouve criblé d 'éclats. Heureusement il ne s 'en tirera pas trop mal, mais quelle frayeur pour tout le monde. après ces événements.


MORT d' AMIROUCHE

 Mars 1959 - Je suis en stage à DELLYS. Au retour à BenS 'Rour,  gros émoi on venait

de garder la dépouille d 'Amirouche, en attendant sa reconnaissance officielle par ceux qui l 'avait connu. Il venait d 'être poursuivi et tué par la compagnie du Bordj lors d 'un bouclage dans le djebel  Tsameur. Des journalistes des grands nationaux Français étaient venus à Ben S 'rour, en particulier ceux de Paris-Match qui ont mis le fait sur une action des Bérets rouges et non de ceux kaki du 584ème BT, les officiers n 'ayant pas voulu être interviewés .
 

ACCROCHAGE au MEHARGA
 


Devant le nez du camion : le Massif du Méharga

La semaine avant de quitter la compagnie le lieutenant MARIEY désire faire un exploit et nous emmène dans le Méherga. Evidemment nous accrochons, un margi reçoit une balle dans la cuisse. L 'aviation et le REP (légion) interviennent : napalm, assaut, les fells sont mis en déroute, plusieurs sont tués, quelques prisonniers brûlés au napalm.
Le lieutenant sera officiellement blâmé, puis décoré et félicité et gagnera ainsi son galon de capitaine.

Rédigé par aecobois